Les partenariats avec les Autochtones : une voie importante vers la résilience climatique

Des pompiers éteignent un incendie qui touche de l’équipement

Sur les promontoires qui longent la rivière Thompson, au centre de la Colombie-Britannique, un projet pilote visant à accroître la résilience aux feux de forêt dans la région est en cours avec l’aide de partenaires autochtones.

Dans le cadre d’une initiative conjointe, la Première Nation d’Ashcroft — durement touchée par l’incendie dévastateur d’Elephant Hill en 2017 — met en œuvre un programme exhaustif de renforcement structural visant à protéger les habitations contre les feux de forêt. Élaboré en partenariat avec Aviva Canada, BFL Canada et la First Nations’ Emergency Services Society* (FNESS), le projet pilote illustre comment une initiative soutenue par le secteur privé peut répondre à l’appel à l’action no 92 de la Commission de vérité et réconciliation — qui encourage le secteur des entreprises du Canada à établir des relations et des partenariats respectueux avec les peuples autochtones — tout en contribuant à atténuer les risques auxquels les biens commerciaux sont exposés en raison des feux de forêt.

Les braises causent des dommages considérablexs

Le feu de forêt d’Elephant Hill a été l’un des plus destructeurs de l’histoire de la Colombie-Britannique. Il a réduit en cendres près de 200 000 hectares, forcé l’évacuation de 50 000 personnes et détruit 211 habitations et structures.*

La communauté autochtone d’Ashcroft habite à près de 10 km du foyer de l’incendie, sur le territoire traditionnel non cédé des Nlaka’pamux, dans le centre sud de la Colombie-Britannique. Cette petite communauté des Premières Nations compte environ 270 membres inscrits*, dont la plupart habitent à l’extérieur de la réserve.

Selon les Centres de collaboration nationale en santé publique*, le feu de forêt de 2017 a détruit 17 habitations, laissé 12 familles de la réserve sans domicile, et 77 habitants de la réserve ont dû vivre ailleurs pendant 18 mois.

Plusieurs bâtiments ont été reconstruits selon les normes actuelles de prévention des incendies, mais 20 maisons demeurent vulnérables au rayonnement thermique et aux matières incandescentes transportées par le vent. Pour protéger ces structures plus anciennes, il faut bien comprendre comment un incendie détruit les habitations.

« Lors d’un grave incendie, environ 90 % des dommages structurels sont causés par des braises, explique Malina Garner, responsable des mesures d’atténuation, FNESS. 

« Les vents forts soufflent les braises partout dans une communauté, comme une tempête de fines particules incandescentes. Lorsque les braises tombent sur les murs extérieurs d’un bâtiment qui présentent des vulnérabilités, il devient extrêmement difficile pour les pompiers spécialisés dans la lutte contre les incendies de structures de contenir les nombreux points d’embrasement. »

Le partenariat élimine les obstacles financiers empêchant la mise en place de mesures de protection

Même si de nombreuses communautés des Premières Nations réalisent les évaluations Intelli-feu provinciales, la mise en œuvre des recommandations s’arrête souvent à l’étape de la planification. Les habitations situées sur les terres des Premières Nations appartiennent souvent au conseil de bande, qui en assure directement la gestion selon une structure commerciale unifiée. Par conséquent, les services locaux de logement doivent financer et mettre en œuvre les mesures d’atténuation pour des douzaines d’habitations simultanément, ce qui grève lourdement leurs réserves de capital.

Le projet pilote est financé par Aviva en partenariat avec la FNESS, qui collabore directement avec les entrepreneurs locaux et les membres de la communauté afin que le reste des recommandations du programme Intelli-feu soient mises en œuvre avant la fin de l’automne.

Le programme met l’accent sur des interventions d’ingénierie ciblées qui visent à corriger les principales vulnérabilités des bâtiments et à mettre en place des mesures de protection, comme :

  • Protection des ouvertures : Installation d’un grillage ininflammable sur les évents afin d’empêcher les braises transportées par le vent de s’infiltrer dans les orifices du bâtiment, et fermeture des avant-toits pour que les braises ne pénètrent pas dans les combles.
  • Barrières défendables : Remplacement des arbustes et des plantes combustibles qui poussent à proximité des murs extérieurs par du gravier afin d’empêcher la propagation du feu par rayonnement thermique ou par contact direct.
  • Colmatage de la structure : Application de calfeutrant ignifuge et d’enduit de rebouchage dans les interstices, les fissures et les joints où les braises peuvent se déposer.

En plus des modifications matérielles immédiates, le projet met l’accent sur la résilience opérationnelle à long terme. Les équipes techniques de la FNESS forment les membres de la communauté afin qu’ils puissent effectuer les évaluations Intelli-feu localement chaque année. Ainsi, la Première Nation acquiert les compétences nécessaires pour assurer elle-même la gestion des risques.

« Il est difficile de mesurer un incendie qui ne s’est pas déclaré, mais il est possible de mesurer ce qui reste sur pied après, ajoute Malina Garner.

« L’objectif de ce programme est de rassurer les résidents pendant les évacuations et de fournir aux services de lutte contre les incendies un espace défendable où intervenir en toute sécurité lorsqu’un feu se propage rapidement. »

Soutien aux partenariats avec les Autochtones et au développement économique

Aviva Canada assure actuellement plusieurs des 620 Premières Nations au Canada et gère un portefeuille d’assurance biens et automobile qui totalise 50 millions de dollars de primes émises. Les Premières Nations s’associent de plus en plus au secteur privé pour mener à bien des projets de foresterie, d’exploitation minière, d’énergie propre et d’immobilier, et parallèlement, le besoin en matière de solutions d’assurance qui tiennent compte de l’évolution de ces relations d’affaires croît également. Les communautés et entreprises autochtones occupent une place de plus en plus importante dans l’économie du Canada.

En augmentant la résistance aux incendies des anciennes habitations de la réserve, le programme vise à établir un cadre reproductible qui maintient l’assurabilité et la stabilité à long terme des communautés de la région. 

Évolution de l’évaluation des risques et des pratiques de production

Outre les mesures d’atténuation sur le terrain, le partenariat a servi de boucle de rétroaction aux équipes internes de contrôle des risques et de production d’assurance biens d’Aviva. La collaboration avec la FNESS a permis de déterminer les lacunes des cadres de contrôle des risques, du point de vue des Autochtones.

Par exemple, les évaluations standard des risques d’entreprise pourraient recommander de raser certaines zones boisées autour du bâtiment afin de créer une zone de protection. Les conseillers techniques de la FNESS ont offert une autre perspective, démontrant qu’il était utile, sur le plan de la protection de l’environnement et de l’atténuation des risques, de conserver et d’élaguer certaines zones plutôt que de procéder à des coupes à blanc.

« Le programme est l’aboutissement de deux années de confiance réciproque et de collaboration », conclut Malina Garner.

En passant d’une approche réactive axée sur le paiement des sinistres à un modèle proactif qui modifie physiquement le profil de risque d’un bien, le projet pilote vise à établir un cadre reproductible favorisant la stabilité de la communauté. Pour les entreprises et leurs courtiers, il prouve que la gestion de l’imprévisibilité des phénomènes météorologiques violents et le respect des engagements envers la réconciliation économique peuvent aller de pair.

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