Des habitudes simples pour protéger votre chaudière commerciale

Deux ingénieurs effectuant une inspection dans la salle des chaudières remplie de nombreuses grosses conduites, de vannes et d’équipements mécaniques.

Lorsqu’une alarme stridente retentit dans une salle mécanique en pleine activité, il est tentant de la mettre en sourdine et de continuer la production. C’est d’ailleurs une réaction courante. La routine, le roulement élevé du personnel et la pression des échéanciers peuvent amener les travailleurs à considérer les avertissements de sécurité comme une simple nuisance.

Toutefois, le fait de désactiver une alarme sans chercher à comprendre la cause du problème est l’une des erreurs d’exploitation les plus fréquentes à l’origine de dommages importants aux chaudières. Un seul avertissement ignoré peut rapidement entraîner une panne coûteuse, voire l’arrêt complet d’une installation.

L’importance de respecter les dispositifs de sécurité à verrouillage

Les ingénieurs en gestion des risques d’Aviva constatent souvent que les sinistres les plus importants ne commencent pas par une panne majeure. Bien souvent, une défaillance mécanique mineure dégénère parce qu’un dispositif de sécurité a été contourné, désactivé ou ignoré.

Trop souvent, les opérateurs finissent par traiter les dispositifs de sécurité comme de simples commandes servant à faire fonctionner la chaudière. Pourtant, ces dispositifs ont une fonction bien différente. Les commandes de fonctionnement servent à réguler la pression, la température et le niveau d’eau afin d’assurer le bon fonctionnement de l’équipement. Les dispositifs de sécurité — comme les interrupteurs de bas niveau d’eau, les détecteurs de défaillance de la flamme et les détecteurs de débit d’air — interviennent plutôt en dernier recours pour prévenir les incendies, les explosions et les dommages importants à l’installation.

Réarmer à répétition un dispositif de sécurité sans chercher la cause du problème est une pratique risquée. Chaque déclenchement, qu’il soit causé par une défaillance de la flamme ou un bas niveau d’eau, est un signal d’alarme qu’il ne faut pas ignorer. Dans les installations sans chaudière de relève, les répercussions peuvent être considérables. Une interruption de la production de vapeur peut rapidement perturber les activités et entraîner des pertes financières bien supérieures au coût de réparation de la chaudière.

Protéger au quotidien les pièces sous pression de la chaudière

Parmi les risques les plus graves pour les entreprises industrielles et commerciales figurent les incidents liés à un bas niveau d’eau ou à la marche à sec. Lorsque l’eau vient à manquer, la chaleur excessive endommage les tubes, les corps de chaudière et les parois du foyer, ce qui peut provoquer une explosion de vapeur aux conséquences catastrophiques.

La prévention commence au début de chaque quart de travail. Les opérateurs devraient effectuer les vérifications suivantes et en consigner les résultats au registre d’exploitation :

  • Vérifier le niveau d’eau réel dans le voyant de niveau.
  • Mettre à l’essai les dispositifs d’arrêt en cas de bas niveau d’eau et vérifier le bon fonctionnement du détecteur de flamme.
  • Consigner toute anomalie d’exploitation et examiner celles signalées au quart précédent lors de la passation des quarts.

Les responsables d’installations et les ingénieurs en chef devraient également observer eux-mêmes la mise à l’essai des dispositifs de sécurité. En assistant aux essais fonctionnels des vannes d’arrêt de combustible, des dispositifs de déclenchement du système de gestion du brûleur et des limiteurs de haute pression, ils sont à même de vérifier que ces mécanismes arrêtent réellement le brûleur en situation dangereuse, plutôt que de se fier uniquement à la documentation.

Comment interpréter votre registre de traitement de l’eau

La chimie de l’eau joue un rôle déterminant dans l’intégrité mécanique, le rendement énergétique et la longévité des pièces sous pression d’une chaudière. L’accumulation de tartre peut faire grimper graduellement la consommation de combustible et entraîner la surchauffe des tubes. La corrosion par piqûres causée par l’oxygène, quant à elle, peut traverser un tube sous pression en l’espace d’une seule période d’activité.

Lorsqu’ils examinent un programme de traitement de l’eau, les inspecteurs s’intéressent davantage aux tendances qui se dégagent des relevés quotidiens qu’aux résultats d’un essai isolé. Certains indicateurs méritent une attention particulière :

  • Des résultats identiques jour après jour, ce qui peut indiquer que les essais ne sont pas réellement effectués.
  • Des teneurs en oxygène dissous ou en sulfites constamment sous les valeurs cibles, ce qui expose les tubes à une corrosion active.
  • Une hausse graduelle du niveau de solides dissous totaux (SDT) sans mention d’activité de purge de fond.
  • Des écarts dans les paramètres de traitement de l’eau sans mention d’une correction du dosage des produits chimiques.

Détecter ces signes avant-coureurs permet d’éviter l’entartrage, la formation de mousse et les défaillances soudaines des tubes.

Des entretiens incontournables

Au-delà des vérifications quotidiennes, les soupapes de sûreté doivent être revalidées périodiquement afin de garantir une protection adéquate contre la surpression. Dans la plupart des provinces canadiennes, les soupapes de sûreté des chaudières à vapeur doivent être mises à l’essai, recalibrées ou remplacées tous les cinq ans. Pour les chaudières à eau chaude, les soupapes de sûreté doivent être mises à l’essai ou remplacées tous les six ans. Conservez les rapports d’entretien, les plaques signalétiques du fabricant ou les certificats de revalidation afin de pouvoir démontrer votre conformité lors d’une inspection.

Renforcez votre résilience opérationnelle avec Aviva

Un programme de maintenance des chaudières efficace repose sur trois éléments : des opérateurs bien formés, un suivi rigoureux des registres d’exploitation et la mise à l’essai régulière des dispositifs de sécurité. Lorsqu’elles sont prises au sérieux et utilisées comme outils de diagnostic, plutôt que perçues comme de simples irritants, les alarmes participent à la sécurité des travailleurs et à la continuité des activités.

Partout au Canada, nos experts-conseils en gestion des risques peuvent vous aider à évaluer vos protocoles de sécurité des chaudières, à passer en revue vos programmes de traitement de l’eau et à renforcer vos stratégies de prévention des sinistres. Pour obtenir plus de détails, communiquez avec un spécialiste de l’équipe des Solutions de gestion des risques à gestiondesrisquesaviva.canada@aviva.com.

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