C’est un mardi après-midi dans une zone industrielle. Sur le toit d’un entrepôt de grande valeur se trouve un parc solaire de 500 panneaux qui permet, depuis trois ans, de réduire de manière constante la facture énergétique. En raison de ses performances, le parc solaire est rarement inspecté. Pourtant, une famille de rongeurs a trouvé refuge au chaud sous le panneau 42. Au fil des mois, ils ont rongé l’isolation d’un câble à courant continu endommagée par les UV, ce qui a provoqué un arc électrique de forte intensité.
L’incendie qui s’en est suivi était d’abord mineur, mais il a rapidement enflammé les éléments combustibles de la structure du toit. Lorsque les pompiers sont arrivés sur place, ils n’ont eu d’autre choix que de déverser des milliers de litres d’eau sur les panneaux pour éteindre le feu. L’incendie a été éteint, mais l’établissement a fait face à des dégâts d’eau catastrophiques, à des stocks détruits et à une interruption d’activité de trois mois — tout cela à cause d’un problème qui aurait pu être détecté lors d’une simple inspection visuelle.
Hausse des sinistres évitables liés aux panneaux solaires installés sur un toit
Si les panneaux solaires constituent un pilier de la transition vers les énergies vertes, ils entraînent également une évolution des risques de dommages matériels pour les entreprises. À Aviva, nous constatons une tendance à la hausse des sinistres pour lesquels les panneaux solaires installés sur les toits causent de plus en plus de sinistres Biens et Responsabilité civile. La plupart sont dus à la détérioration, à un mauvais entretien, à des inspections non effectuées et à des défaillances qui ont été mises de côté au fil du temps, plutôt qu’à la technologie elle-même.
Bien que chaque installation soit différente, un seul parc solaire comporte des milliers de connexions électriques. Notamment des diodes intégrées aux panneaux — des valves unidirectionnelles qui peuvent dysfonctionner et chauffer au point de faire fondre les boîtiers de jonction en plastique situés à l’arrière du module. Le fait de ne pas se soucier de ces petites défaillances qui surviennent sur un toit à l’abri des regards rend ces systèmes électriques actifs vulnérables au vieillissement et à la négligence.
Voici les conseils avisés de nos experts des SGRA pour vous aider à entretenir vos panneaux solaires installés sur un toit et savoir comment réagir en cas d’urgence.
Un entretien simple est essentiel pour éviter les sinistres
L’idée la plus répandue concernant les panneaux solaires industriels est qu’une fois mis en service, ils ne nécessitent plus aucune attention. En réalité, il s’agit de centrales électriques sous tension installées dans l’un des environnements les plus exposés qui soient : votre toit. Pour garantir la continuité de vos activités, il est essentiel de mettre en place un programme rigoureux d’exploitation et d’entretien.
Le programme d’inspection préventive
Les panneaux solaires installés sur un toit sont exposés à des cycles thermiques constants, aux rayons UV et aux vibrations. Nous recommandons les mesures suivantes :
- Contrôle initial : une première inspection doit être effectuée 3 à 6 mois après l’installation afin de détecter tout problème éventuel dès le début.
- Contrôles visuels mensuels : les équipes chargées des installations doivent se rendre sur le toit et l’inspecter afin de détecter tout signe de détérioration des panneaux, toute fixation desserrée ou toute accumulation d’eau.
- Inspections thermographiques annuelles par caméra infrarouge : c’est l’un des outils les plus efficaces dont vous pouvez disposer. Les caméras infrarouges permettent de détecter les points chauds ou les diodes défectueuses — des clapets anti-retour qui, en cas de défaillance, peuvent faire fondre ou liquéfier le plastique.
- Règle relative aux constructions inflammables : si le bâtiment est en bois massif, ou si son ossature est en bois ou en d’autres matériaux inflammables, la fréquence des inspections thermographiques doit passer d’une fois par an à une fois tous les six mois.
- Contrôles techniques par un ingénieur qualifié : un ingénieur qualifié doit effectuer au moins une inspection officielle par an afin de s’assurer que le système répond toujours aux normes du fabricant d’origine.
- Déploiement d’outils modernes : les relevés par drone ou les robots chenilles d’inspection à distance, qui se glissent sous les panneaux, constituent des outils efficaces pour détecter la corrosion des circuits continus ou les dommages causés aux câbles dans les zones difficiles d’accès.
Entretien spécifique des onduleurs et des isolateurs
La défaillance de l’onduleur est l’une des causes les plus fréquentes de perte de performance des systèmes. Il est important d’entretenir le « cerveau » du système. Cela devrait inclure le resserrage de tous les connecteurs (cosses à vis).
Rappelez aux équipes techniques de nettoyer ou de remplacer les filtres à air des onduleurs après des vents violents ou des conditions poussiéreuses afin d’éviter toute surchauffe.
Lutter contre les nuisibles et les intempéries
Votre toit constitue un habitat de choix pour la petite faune. Les oiseaux et les rongeurs sont attirés par la chaleur qui règne sous les panneaux.
- Lutte contre les nuisibles : si vous constatez des signes de nidification, prenez immédiatement des mesures de lutte contre les nuisibles afin d’éviter que les câbles ne soient rongés. Le câblage doit être logé dans des protecteurs de câbles et des passe-câbles afin d’empêcher d’emblée les nuisibles d’y accéder.
- Gestion de la neige et de la glace : sur les toits plats des bâtiments industriels, la neige peut s’accumuler directement sur les panneaux solaires, ce qui augmente considérablement leur poids et risque de recouvrir les composants. Utilisez des outils souples, comme un râteau à neige, pour déblayer la neige accumulée avant qu’elle n’atteigne 50 % de la limite de charge admissible du toit.
- Un nettoyage sans dommage : la poussière et les algues peuvent réduire la production d’électricité jusqu’à 30 %. Rincez-les, mais n’utilisez pas de jets d’eau sous pression, qui pourraient endommager les boîtiers de jonction des modules.
- Vérifiez les panneaux après une tempête : effectuez une inspection visuelle après des vents violents, une tempête ou une averse de grêle afin de vérifier que les panneaux n’ont pas été délogés ou heurtés par des débris.
- Installez des dispositifs de protection électrique : assurez-vous que tous les composants disposent d’une protection adéquate contre les surtensions et que les connexions sont étanches.
Établissez un plan d’urgence
En cas d’incendie, les pompiers de votre secteur doivent savoir comment intervenir en toute sécurité. Les panneaux solaires continuent à produire de l’électricité tant qu’ils sont exposés à la lumière du jour.
- Étiquetage et accessibilité : veillez à ce que tous les sectionneurs au niveau du sol soient clairement étiquetés afin que les secours puissent rapidement isoler les systèmes internes du bâtiment, même s’ils ne peuvent pas couper l’alimentation des panneaux eux-mêmes.
- Remarque : les panneaux continuent à produire de l’électricité tant qu’il fait jour. Ils ne peuvent pas être simplement éteints à l’aide d’un interrupteur.
- Formation du personnel : élaborez une procédure d’arrêt d’urgence et assurez-vous que votre équipe sait exactement où se trouvent les points de coupure.
- Documentation : conservez un registre clair de toutes les inspections, nettoyages et réparations. En cas de sinistre, ces registres constituent la meilleure preuve d’une gestion proactive des risques.
Bénéficiez de l’expertise de l’équipe des SGRA
La gestion des risques liés aux panneaux solaires installés sur un toit ne doit pas nécessairement être une tâche solitaire. Nos experts de l’équipe des SGRA sont là pour vous conseiller sur tous les aspects, de l’imagerie thermographique à l’élaboration d’un plan d’exploitation et d’entretien fiable.
Pour en savoir plus, écrivez-nous à gestiondesrisquesaviva.canada@aviva.com.