L’héritage de Fort McMurray : un avertissement pour Ottawa alors que les catastrophes climatiques continuent de se multiplier

L’héritage de Fort McMurray : un avertissement pour Ottawa alors que les catastrophes climatiques continuent de se multiplier

Le Canada demeure le seul pays du G7 à ne pas avoir d’agence nationale de secours en cas de catastrophe. Face à la fréquence et à la gravité croissantes des catastrophes majeures, combien de temps les Canadiens peuvent-ils encore attendre?

Par Susan Penwarden

Une décennie s’est écoulée depuis que le pire incendie de forêt de l’histoire du Canada a tragiquement frappé la ville de Fort McMurray, en Alberta. Alors que nous commémorons cette catastrophe, nous devons nous demander : avons-nous tiré les leçons de cette expérience? Avons-nous fait suffisamment d’efforts pour améliorer notre capacité à réagir face à ces événements et à nous en remettre lorsque nous savons qu’ils ne manqueront pas de se reproduire?

Si nous sommes honnêtes, la réponse est non.

Ce qui était autrefois considéré comme des catastrophes « qui n’arrivent qu’une fois dans une vie » est désormais monnaie courante. Depuis Fort McMurray, nous avons assisté à de nombreux événements d’une ampleur quasi similaire : Jasper, Lytton, Kelowna. Huit des pires années en matière de feux de forêt jamais enregistrées se sont produites au cours de la dernière décennie.

Et pourtant, notre réponse reste fragmentée.

D’année en année, nous constatons que le système est à bout de souffle et peine à suivre le rythme de la multiplication des catastrophes. Au lieu d’une stratégie nationale coordonnée, nous assistons à un ensemble disparate de mesures prises aux niveaux local, provincial et fédéral. Pour ceux qui tentent de s’en remettre, cette expérience donne une impression de lourdeur administrative et d’inutilité. Un temps précieux est perdu. Les ressources ne sont pas mises à disposition en temps voulu. Et les Canadiens restent sans domicile, des années après la catastrophe.

Ces défis et la nécessité de créer une agence nationale de secours en cas de catastrophe ont été reconnus par plusieurs ministres fédéraux, de Bill Blair à Harjit Sajjan, en passant désormais par Eleanor Olszewski. L’année dernière, j’ai eu l’occasion de participer à une table ronde avec le ministre Olszewski et de témoigner à la Chambre des communes sur cette question précise. Nous avons vu émerger des idées prometteuses, notamment l’engagement pris par le gouvernement fédéral de tester différentes options en vue de la création d’une agence nationale d’intervention d’urgence.

Pourtant, le budget fédéral de 2025 n’a prévu que des fonds destinés à des améliorations progressives des systèmes d’alerte et à l’acquisition de nouveaux avions bombardiers d’eau. Ce qui fait cruellement défaut, c’est la coordination nationale en cas de catastrophe à laquelle les Canadiens ont droit.

Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) a défini une vision claire visant à mieux protéger les Canadiens : une approche impliquant l’ensemble de la société, qui englobe les secteurs public, privé, bénévole et à but non lucratif, et qui comprend :

  • une agence nationale de gestion des urgences et une stratégie de relèvement visant à harmoniser la planification d’urgence et les protocoles opérationnels;
  • des investissements continus dans l’adaptation aux changements climatiques ;  
  • la modernisation des cadres politiques en matière de construction et d’habitation afin de tenir compte des réalités climatiques auxquelles les collectivités sont confrontées aujourd’hui, en veillant à intégrer la résilience dès la conception.

Il convient également de noter qu’il ne s’agit plus seulement de résilience climatique, mais aussi de résilience économique. La protection des collectivités est essentielle à la préservation de la souveraineté économique du Canada. Cela revêt aujourd’hui plus d’importance que jamais depuis des générations.

Au cours des cinq dernières années, nos données font état d’une augmentation de 1 900 % des sinistres liés aux feux de forêt par rapport à la période de cinq ans précédente. Le BAC a également fait état d’une augmentation de 1 000 % des sinistres liés aux feux de forêt couverts par les assurances au cours de la décennie qui a suivi la catastrophe de Fort McMurray. Ces chiffres ne tiennent pas compte des pertes non assurées assumées par l’État, les collectivités et les Canadiens à titre individuel, et ne reflètent pas non plus les répercussions psychologiques des catastrophes sur la santé et le bien-être mental.

Une récente enquête menée par Nanos Research pour le compte d’Aviva Canada a révélé qu’environ la moitié des Canadiens se sentent aujourd’hui impuissants face aux phénomènes climatiques majeurs, la majorité d’entre eux indiquant qu’ils tiennent compte du risque d’incendie de forêt (50 %) et du risque d’inondation (62 %) lorsqu’ils choisissent l’emplacement de leur habitation.

En l’absence d’une stratégie nationale, Aviva collabore avec ses homologues du secteur et les collectivités locales afin de rechercher, dans la mesure du possible, des moyens d’améliorer la gestion des situations d’urgence. Nous collaborons également avec des experts tels que Team Rubicon Canada et Wildfire Defense Systems (WDS) afin de protéger les habitations et de contribuer à accélérer les travaux de remise en état et de reconstruction, tout en versant des indemnités immédiates aux clients touchés pour les aider à faire face à cette situation inimaginable. Cependant, nous sommes limités par ce que nous pouvons contrôler nous-mêmes.

Une agence nationale de secours créée au Canada permettrait d’améliorer la coordination et la connaissance de la situation, de simplifier le déploiement des ressources et d’officialiser la collaboration entre le gouvernement, les assureurs et les organismes d’intervention d’urgence. Surtout, elle donnerait aux Canadiens l’assurance que, où qu’ils vivent d’un océan à l’autre, ils peuvent compter sur un soutien fiable et constant en cas de catastrophe.

Nous ne méritons rien de moins.                                                        

Susan Penwarden a occupé des postes de direction dans le secteur de l’assurance au Royaume-Uni, en France, au Danemark et au Canada; elle occupe actuellement le poste de directrice générale de l’Assurance des particuliers à Aviva Canada.

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