Faites connaissance avec le météorologue qui apporte un aspect scientifique à la stratégie en matière de risques

Les grandes entreprises qui exercent des activités commerciales voient souvent les données météorologiques d’un point de vue logistique et dans l’immédiat : les marchandises seront-elles livrées, les équipes de déneigement se mobiliseront-elles en temps utile, perdronsnous le courant? Mais à mesure que les risques liés aux conditions météorologiques et climatiques prennent de l’ampleur, l’exposition réelle aux risques se situe entre prévisions générales et modélisation stratégique des risques.

Afin d’aider les clients à faire face aux risques grandissants que présentent les conditions météorologiques extrêmes en faisant appel à la rigueur scientifique, notre équipe s’est dotée d’un spécialiste. L’an dernier, nous avons accueilli le météorologue Matt Grinter et lui avons confié la tâche d’analyser les risques liés aux conditions météorologiques, ainsi que de nous informer sur l’interaction entre ces conditions et les biens des clients, et sur les modèles climatiques futurs. Nous pourrons ainsi prendre les devants en vue de réduire le risque.

Nous avons discuté avec Matt de l’intégration de la météorologie à la gestion des risques et à la résilience face aux risques, des données qui montrent à quel point 2024 a été difficile et des signes particuliers que les gestionnaires de risques doivent surveiller cet hiver.

Gestion des risques et résilience face aux risques

Le travail de Matt met l’accent sur le croisement entre météo, climat et exposition des infrastructures physiques. Matt travaille en étroite collaboration avec l’équipe de gestion des risques et évalue l’incidence de catastrophes bien précises sur différents types d’infrastructures. 

De plus, il détermine comment accroître la résilience face aux risques en ayant recours à des matériaux résistants à la grêle et au vent. Le but de cet exercice est que nous réduisions les sinistres subis en réaction à des phénomènes météorologiques et que nous prenions des initiatives pour rendre les biens plus résistants.

«Pour les clients de grande envergure, nous regardons les choses du point de vue de la modélisation des risques : quelles sont les probabilités d’un risque dans les conditions climatiques actuelles et futures?», indique Matt.

«J’espère pouvoir transmettre mes connaissances tirées de recherches récentes sur les types de matériaux les mieux cotés pour résister, par exemple, à la grêle.»

Ces recherches s’inscrivent déjà dans des protocoles précis d’atténuation des risques. Par exemple, Matt élabore à l’heure actuelle des stratégies de communication à diffuser avant une tempête pour les clients dotés d’infrastructures solaires.

«Si les entreprises disposent d’un délai raisonnable, elles peuvent rétracter les panneaux solaires pour les protéger de dommages importants causés par la grêle. C’est sur ce projet que nous travaillons en ce moment.»

Données météorologiques de 2024 : anomalie ou tendance?

Alors que de nombreux Canadiens sont reconnaissants du fait que 2025 n’ait pas ressemblé à 2024 en ce qui a trait au nombre et à la gravité record de catastrophes météorologiques, les gestionnaires de risques se demandent sans doute si 2024 était une anomalie dans les statistiques ou un signe de tendance à long terme.

Selon Matt, les données indiquent qu’«en moyenne, le nombre de catastrophes augmente progressivement chaque année». Toutefois, Matt insiste sur le fait que, pour une entreprise, la «gravité» est souvent une question d’emplacement plutôt que d’intensité sur le plan météorologique.

«Si un incendie de forêt d’une superficie de trois pâtés de maisons fait rage près d’une ville, l’impact sera plus grand que si l’incendie est 17 fois plus important, mais qu’il survient au milieu de nulle part», affirme Matt.

Même s’il est normal que la situation fluctue (une année peut être calme et la suivante, catastrophique), les prévisions à long terme sur les catastrophes comme les inondations et les incendies montrent que leur fréquence augmente.

Terminologie des risques

Lorsque les modèles climatiques changent, la terminologie utilisée pour les quantifier devient plus technique. Il est donc crucial de comprendre ces termes pour pouvoir interpréter les signaux modernes et leur incidence possible sur l’interruption des activités.

Voici la définition de certains termes météorologiques choisis par Matt :

Rivières atmosphériques

Souvent décrits comme une «rivière dans le ciel», ces corridors étroits d’humidité concentrée génèrent de fortes pluies en Colombie-Britannique et même dans l’Atlantique. Les rivières atmosphériques sont maintenant classées par certains experts sur une échelle de 1 à 5, comme les tornades.

«Les rivières atmosphériques des catégories inférieures peuvent présenter un avantage dans des régions affectées par la sécheresse, mais lorsqu’elles atteignent les catégories 4 ou 5, elles peuvent provoquer de graves inondations», explique Matt, en faisant référence à celles survenues en Colombie-Britannique en 2021 et en 2023.

Valeur sur le plan opérationnel : les modèles peuvent déceler l’arrivée d’une rivière atmosphérique potentielle de 7 à 10 jours d’avance, ce qui donne amplement de temps pour apporter des ajustements à la chaîne d’approvisionnement.

Réchauffement stratosphérique soudain

Ce phénomène se déroule de 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre : l’air se réchauffe rapidement dans la stratosphère, ce qui ralentit les vents présents dans un vortex polaire.

« Le réchauffement rapide et le ralentissement des vents peuvent avoir une incidence sur les situations météorologiques à la surface de la Terre que nous habitons. Nous pouvons le ressentir de deux à quatre semaines plus tard », indique Matt.

Valeur sur le plan opérationnel : cet écart de deux à quatre semaines est un signal d’alarme avant-coureur. Si le vortex s’affaiblit et se disloque, il peut provoquer des froids extrêmes plus au sud, ce qui a des répercussions sur bien des aspects, de la consommation d’énergie aux réseaux de transport.

Vortex polaire

Un vortex polaire survient souvent lorsque des tempêtes bien précises se rencontrent. En réalité, il s’agit d’une importante zone statique de basse pression atmosphérique et d’air très froid qui se forme dans les régions polaires. Lorsque l’intensité du vortex diminue, un «tourbillon» d’air froid peut s’échapper et se diriger vers le sud, plus densément peuplé. «Lorsque l’air froid atteint les latitudes plus au sud, le vortex polaire vient refroidir des villes comme Calgary, Winnipeg, Toronto et Montréal», souligne Matt.

Valeur sur le plan opérationnel : même si, habituellement, un vortex polaire ne constitue qu’une masse d’air froid, il peut générer des phénomènes à l’échelle locale, comme des bourrasques de neige causée par l’effet de lac. Le principal risque lié au vortex polaire pour les entreprises est la longue durée des périodes de grands froids dans des villes densément peuplées, ce qui diffère des tempêtes passagères.

Orage de neige

Les orages de neige, qui constituent un phénomène nouveau, font souvent les manchettes sur les réseaux sociaux. Ils sont un signe d’intensité. Les orages de neige surviennent lorsque des averses de neige sont accompagnées de tonnerre ou d’éclairs, ce qui signifie habituellement un système atmosphérique très chargé en énergie.

«Les orages de neige se présentent sous forme d’importantes chutes de neige, dans des conditions de blizzard», indique Matt.

Valeur sur le plan opérationnel : ce phénomène est plus courant dans les régions des Grands Lacs et de l’Atlantique. Le son du tonnerre pendant qu’il neige donne immédiatement un indice de fortes probabilités de tempête et de réduction de la visibilité.

Accrétion de glace

Ce phénomène, qui diffère du terme général «pluie verglaçante», consiste en la formation de glace sur des surfaces.

«Plus la quantité de glace qui se forme est grande, plus elle entraîne de dommages aux lignes électriques, aux arbres et à d’autres objets en raison du poids», dit Matt.

Valeur sur le plan opérationnel : il s’agit d’une des principales causes de bris d’infrastructures. Pour les entreprises, l’atténuation de ce risque comprend l’épandage de sel pour prévenir les chutes et le déplacement de véhicules à l’abri sous des arbres pendant les périodes d’alerte.

Le phénomène climatique

La Niña domine cet hiver À l’hiver 2025-2026, le phénomène La Niña s’est fait sentir, ce qui signifie que l’eau dans l’océan Pacifique s’est refroidie. Ce phénomène génère habituellement deux tendances distinctes au Canada : un hiver plus froid dans les Prairies et le nord-ouest de l’Ontario et plus de précipitations sur les côtes de la Colombie-Britannique et de l’Atlantique.

Pour les gestionnaires de risque, ces prévisions permettent de bien répartir les ressources. «La mesure d’atténuation des risques la plus simple à prendre cette année : les déneigeuses. Vérifiez les prévisions météorologiques et déployez suffisamment d’effectifs», souligne Matt.

Dans les régions côtières, les grandes quantités de précipitations posent un défi différent. «Si les pluies sont plus abondantes, des catastrophes liées à l’eau plus graves pourraient survenir, ou survenir plus fréquemment. Résultat? Le sol n’est pas en mesure d’absorber une aussi grande quantité de pluie, ce qui pourrait entraîner des inondations.»

Que nous réserve le reste de l’hiver 2026?

Matt met à profit son expertise en météorologie pour nous faire part de prédictions pour le reste de la saison à l’échelle du pays.

«La Colombie-Britannique a reçu beaucoup de précipitations au début de l’hiver et a connu quelques redoux, mais plus l’hiver avancera, la pluie fera lentement place à un climat plus sec.

Les Prairies ont connu des températures en dents de scie. Cette tendance se poursuivra, mais avec davantage de périodes froides et de courtes périodes de températures plus clémentes.

L’hiver en Ontario a commencé en force, avec ses allures d’hiver d’antan, tout particulièrement dans la “ceinture de neige”. Plusieurs tempêtes s’abattront sur l’Ontario au cours des prochains mois et, comme l’air plus chaud voudra se diriger vers le nord, les précipitations oscilleront entre la neige et la pluie. Des bourrasques continueront de provoquer des accumulations de neige.

Plusieurs tempêtes s’abattront également sur la région de l’Atlantique au cours des prochains mois. Les précipitations tomberont sous forme de mélange entre pluie et neige dans les Maritimes. À Terre-Neuve, les conditions de neige et de vent de décembre se poursuivront.

Le printemps est synonyme de fonte des neiges et d’épisodes de pluie fréquents. C’est pourquoi il est essentiel d’agir de manière proactive en entretenant les biens en vue de réduire le risque d’inondation, ce qui constitue le premier geste à poser pour empêcher les dommages potentiels de survenir.»

Pour en savoir plus, communiquez avec votre courtier d’assurance ou écrivez-nous à gcs.ca@aviva.com

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