Les leçons tirées du renouvellement du traité de réassurance Biens le 1er janvier 2025

Collègues de travail en réunion au bureau

Le 1er janvier n’est pas seulement le début d’une nouvelle année – c’est aussi le début d’un nouveau traité de réassurance Biens pour de nombreux assureurs.

Ce contrat définit le risque d’assurance Biens que les compagnies d’assurance cédantes transféreront aux réassureurs pour l’année à venir. Il permet à des compagnies comme Aviva de gérer leur exposé aux pertes majeures et aux catastrophes (CAT), d’asseoir leur stabilité financière et de garantir qu’elles disposent de la capacité nécessaire pour souscrire de nouvelles affaires.

Aviva travaille avec le cabinet de courtage en réassurance Guy Carpenter – tant au Canada qu’au Royaume-Uni – pour faire les évaluations, déterminer les risques et préparer une proposition solide à soumettre aux réassureurs.

Nous avons demandé à Peter Askew, chef de la direction de Guy Carpenter Canada, de nous faire part des faits saillants en cette période de renouvellement des traités de réassurance Biens et de leur incidence sur les titulaires de polices d’assurance des entreprises.

Quelles étaient les attentes avant la saison des renouvellements?

« Début 2024, on pensait au Canada que les conditions pour les Biens et les risques CAT étaient adéquates et attrayantes pour les réassureurs. On s’attendait à une baisse continue des taux », explique M. Askew.

Mais juillet 2024 a été marqué par le premier des quatre événements CAT survenus en 25 jours : les feux de forêt à Jasper, les inondations à Montréal, les inondations dans la région du Grand Toronto et la tempête de grêle à Calgary, qui a généré le plus grand nombre de sinistres causés par la grêle jamais enregistrés au Canada.

Au total, nous avons connu 12 événements CAT en 2024, qui ont chacun causé plus de 25 millions de dollars de pertes – donc 8,4 milliards de dollars de pertes au total. En 2023, 26 événements CAT ont causé 3,4 milliards de dollars de pertes, les événements ont donc été plus fréquents en 2023, mais les assureurs ont dû assumer eux-mêmes la majorité des pertes puisque la réassurance est très peu entrée en jeu.1

« Le montant des pertes réassurées pour ces quatre événements survenus l’été dernier est d’environ quatre milliards de dollars, dont une forte proportion pour des risques à Calgary et à Montréal », ajoute M. Askew.

« Le nombre considérable de sinistres survenus en très peu de temps a fait que les réassureurs ont eu du mal à appréhender les quantums. Le marché est passé très rapidement de “stable” à “en baisse”; les réassureurs ont commencé à changer leur vision du risque et les structures des contrats Biens, et à augmenter les prix », a déclaré Askew.

Il souligne toutefois que les réassureurs se sont montrés réactifs et ont veillé à ce que les sommes soient disponibles pour les assurés, mais qu’il était évident que ces événements allaient avoir une incidence sur le prix de la réassurance en 2025.

Comment les renouvellements se sont-ils finalement conclus?

M. Askew explique qu’il s’attendait à une fourchette de prix élargie pour chaque composante des programmes de réassurance. Il existe des couches de risque dans chaque segment; les prix augmentent avec le risque et baissent à mesure que la probabilité de perte diminue.

« Il y a eu un certain nombre de regroupements des prix, un plus grand nombre de soumissions par couche que ce que nous avons connu par le passé, et les prix finaux ont été généralement inférieurs à la soumission moyenne par couche. Les réassureurs des Bermudes et de Londres se sont davantage alignés sur les marchés nationaux en termes de prix et de capacité que les années précédentes », a-t-il déclaré.

« Les conditions étaient déjà attrayantes au Canada, c’est pourquoi les réassureurs voulaient participer ou accroître leur participation dans les traités canadiens. »

L’équipe de Guy Carpenter et d’Aviva a été chargée de trouver le prix d’équilibre le plus bas possible parmi toutes les offres de réassurance.

« Finalement, nous avons constaté un grand appétit chez les réassureurs. Il y a eu une pression à la baisse sur les prix au niveau mondial et une augmentation des prix au Canada, mais il y avait une capacité très solide pour soutenir ces programmes, ce qui est encourageant », a déclaré M. Askew.

« Quant à l’appréciation des risques en réassurance, ils porteront une attention marquée sur l’évaluation de l’exposé (valeur des existences) et sur l’expérience (historique des sinistres) afin de déterminer la tarification et les conditions des futures polices. Le renouvellement des traités de réassurance Biens et les conditions de ces traités seront parmi les facteurs qui détermineront les taux d’assurance en 2025 et après. »

Y a-t-il des tendances susceptibles d’aider les gestionnaires de risques à se préparer pour l’avenir?

M. Askew souligne quelques éléments qu’il serait utile aux gestionnaires de risques de connaître dans les années à venir et qui pourraient avoir une incidence sur les primes.

Les réassureurs se concentreront sur la gestion des cumuls

La gestion du cumul en réassurance est le processus de surveillance et de contrôle de la concentration des exposés dans un portefeuille afin d’éviter des pertes trop importantes causées par des événements corrélés, tels que les catastrophes naturelles. Elle aide les réassureurs à identifier les zones de concentration potentielle où plusieurs polices sont exposées aux mêmes risques – comme les biens concentrés dans des régions sujettes aux ouragans – et à faire le nécessaire pour limiter leur exposé. « Les réassureurs vont être plus pointilleux sur la gestion du cumul et vont chercher à gérer l’appétit. Ils auront probablement recours aux limitations particulières et utiliseront des moyens propres à la tarification et à la souscription pour constituer un portefeuille conforme à leur tolérance au risque. Pour les assurés, le partage d’informations détaillées sur l’exposé avec leur courtier et leur assureur restera un élément important de la relation d’assurance globale. »

Une forte densité est synonyme d’exposés plus élevés – il est nécessaire que les villes atténuent les risques

Les événements CAT survenus en 2024 ont montré l’ampleur des dégâts que les phénomènes météorologiques extrêmes causent dans les zones densément peuplées. À titre d’exemple, si les feux de forêt qui ont dévasté Jasper avaient pris une direction légèrement différente, les pertes auraient été très différentes.

« Là où il y a des entreprises, des maisons et des voitures, il y a un exposé. Comme on assiste à une augmentation de la densité, on se penchera très sérieusement sur la construction et la modification des infrastructures pour atténuer les risques, en particulier ceux liés à l’eau », déclare M. Askew.

Les entreprises doivent atténuer les risques

Bien que les événements CAT survenus en 2024 aient été particulièrement destructeurs, M. Askew souligne que les entreprises s’en sont relativement bien sorties dans ces circonstances. « Plus de 80 % des pertes ont touché des particuliers. »

Il estime cependant que l’augmentation de la fréquence et de la gravité des pertes est un signe clair pour les gestionnaires de risques des entreprises qu’ils doivent mettre en place des moyens de prévenir les pertes et d’atténuer les risques pour leurs propres biens.

« Les assureurs et les réassureurs sont là pour fournir une protection d’assurance aux assurés et les aider à se rétablir après un sinistre, mais si les exposés sont considérablement accrus, il est essentiel que les biens puissent résister aux événements météorologiques extrêmes. »

Pour avoir de plus amples informations

Écrivez-nous à gcs.ca@aviva.com

Sources

1 https://fr.ibc.ca/news-insights/news/2024-shatters-record-for-costliest-year-for-severe-weather-related-losses-in- canadian-history-at-8-5-billion

https://fr.ibc.ca/news-insights/news/severe-weather-in-2023-caused-over-3-1-billion-in-insured-damage

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